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LA COLONISATION ET L'INDEPENDANCE

DE LA CÔTE D'IVOIRE


I - LA COLONISATION DE LA CÔTE D'IVOIRE

La découverte de haches polies et taillées et des débris de cuisine indique des présences humaines sur la terre Ivoirienne au paléolithique supérieur
(-15 000 et – 10 000 ans).

En 1893 la Côte d’Ivoire devient une colonie Française. Les premiers Européens qui s'installent en Côte d'Ivoire sont des missionnaires Français. Ils débarquent en 1867 à Assinie. Au début du 19ème siècle, les Français construisent les premiers comptoirs de commerce pour exporter en Europe les produits dont leurs industries ont besoin.

Arthur Verdier puis Marcel Treich-Laplène sont désignés Résident.

Le capitaine Bouët-Willaumez est chargé de protéger les comptoirs et lutter contre le trafic négrier. Il signe des traités avec les chefs coutumiers et établit le protectorat de la France sur la Côte d'Ivoire.

Au milieu du 19ème siècle, le capitaine Louis Faidherbe signe des traités « d'amitié » et de « commerce » avec les peuples lagunaires et avec le roi de la région de Dabou.

La traite des esclaves étant interdite depuis 1848, les Français cherchent à exploiter le pays d'une autre manière en s’intéressant aux richesses comme l'or et le bois. Le Français Arthur Verdier décide de planter du café dans la région. Cette décision se révèlera d'une importance capitale pour le pays car le café et le cacao deviendront, plus tard, les principales cultures de rente de la Côte d’Ivoire.

Pour mettre un terme à l’expansion du Guinéen Samory Touré, les explorateurs entreprennent de parcourir l'arrière pays tout en signant des traités avec les différents chefs coutumiers. Marcel Treich-Laplène remonte le Comoé et atteint Bondoukou puis Kong. Il signe des traités de protectorat avec de nombreux chefs coutumiers.

Le capitaine Louis-Gustave Binger part de Bamako, parcourt la boucle du Niger, rencontre Marcel Treich-Laplène et, après environ 4 000 Km de voyage, arrive à Grand-Bassam.

D'autres explorateurs remontent le cours des fleuves côtiers et les renseignements qu'ils recueillent permettent de tracer la carte de la Côte d'Ivoire.

Les Français appellent notre pays la « Côte d'Or » du fait du commerce actif des dents d'éléphant sur la côte.

Cependant, ayant constaté qu’un autre pays portait le même nom, le Ghana actuel, occupé par les Anglais et appelé à cette époque « Gold Coast » qui signifie en anglais (Côte d’Or), les explorateurs décident d’appeler le nôtre, en 1893, « Côte d'Ivoire ».

Jusqu'en 1908, les Français ne contrôlent que la bande côtière de la Côte d’Ivoire.

Pour soumettre l’ensemble de la Côte d’Ivoire, le nouveau Gouverneur Gabriel Louis Angoulvant décide d'utiliser la manière forte. Il instaure une nouvelle politique en exigeant l'impôt, le portage, les corvées, le travail forcé et la réquisition des vivres. Les résistances sont nombreuses dans toute la Côte d'Ivoire chez les Baoulé, les Lobi, les Bété, les Gouro, les Yacouba, les Abbey et chez les Attié.

Les groupes Ivoiriens révoltés attaquent les postes administratifs et les possessions Françaises.

Ils organisent la guérilla mais mieux armés, les troupes Françaises prennent le dessus. Considérée comme pacifiée en 1916, la Côte d'Ivoire est divisée en cercles et cantons.

Aujourd'hui encore, des communes d’Abidjan portent les noms de ces différents explorateurs :

  • le capitaine Bouët-Willaumez : Port-Bouët,
  • Marcel Treich-Laplène : Treichville,
  • Louis-Gustave Berger : Bingerville.

II - L'INDEPENDANCE DE LA CÔTE D'IVOIRE

Félix Houphouët-Boigny a joué de son influence pour permettre à la Côte d'Ivoire d'obtenir son indépendance.

Il a été aidé dans sa noble tâche par certaines personnalités, notamment :

  • Auguste Denise ;
  • Bernard B. Dadié ;
  • Gauze Antoine ;
  • Jacob Williams ;
  • Jean-Baptiste Mockey ;
  • Mathieu Ekra ;
  • Ouezzin Coulibaly ;
  • Réné Sery Koré ;
  • Yacé Philippe etc ...

En 1945, Félix Houphouët-Boigny, est élu Député de la Côte d'Ivoire à l'Assemblée Constituante Française où toutes les colonies avaient leurs représentants.

En 1952, Félix Houphouët-Boigny est élu à l'Assemblée Territoriale.

En 1956, il fait son entrée au Parlement Français puis devient Ministre délégué à la présidence du Conseil en France.

En 1957, devenu Président du Conseil de l'Afrique Occidentale Française, Félix Houphouët-Boigny fait savoir ses intentions de voir naître une Côte d'Ivoire républicaine et indépendante.

En 1959, le Président, Félix Houphouët-Boigny devient le Premier Ministre de la Côte d'Ivoire.

Félix Houphouët-Boigny avec les liens qu’il entretenait avec l’Occident a facilité l’indépendance de la Côte d’Ivoire. En collaboration avec d’autres personnes, les actions suivantes ont été posées :

  • en 1934, l'abolition du travail forcé pour les planteurs de cacao et café,
  • en 1944, la création du Syndicat Agricole Africain (SAA) pour lutter contre les injustices à l'égard des planteurs Africains,
  • en 1946, la création du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), section Ivoirienne du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

Le 09 Avril 1946 à 18H00 à l’Etoile du Sud à Abidjan, Treichville, lors de la réunion constitutive du Parti Démocratique de Côte d’ivoire, étaient présents :

  • Akré Ahobaut ;
  • Ali Traoré ;
  • Babacar Diop ;
  • Bernard Sangaret ;
  • Casanova ;
  • Coffi Kouadio ;
  • Etienne Djaument ;
  • Félicien Konian Kodjo Germain ;
  • Fily Sissoko ;
  • Fulgence Brou ;
  • Gaston Boka Méné ;
  • Germain Koffi Gadeau ;
  • Jacques Aka ;
  • Kanga, N’Dri Konan ;
  • Kélétigui Kouisson Augustin ;
  • Koffi Kouadio ;
  • Lambert Aka ;
  • Léonars Mé Koné ;
  • Lucien Koffi ;
  • Antoine Konan ;
  • Lodougou ;
  • Martin Blagnon ;
  • N’Dri ;
  • Nicolas ;
  • Papa Sow ;
  • Paulin Ouinsou ;
  • Philippe Franceschi ;
  • Pohi Zébango ;
  • Raphaël Konan ;
  • Rémy Kouadio ;
  • Réné Séry Koré ;
  • Turbé Sow ;
  • Toubia.

En 1948, le PDCI fait l'objet d'interdiction par les colons et au cours d’une réunion tenue par ce Parti, des politiques sont arrêtés et emprisonnés à Grand-Bassam.

Certains détenus entament la grève de la faim.

Pour exiger leur libération, environ mille cinq cent (1500) femmes, venues de partout se rendent au Tribunal de Grand-Bassam. Parmi ces pionnières, nous pouvons citer :

  • Madame Anne Marie Rachi ;
  • Mesdames Séry Koré ;
  • Madame Madeleine N’Doli Amoin ;
  • Madame Moussokoro Camara ;
  • Madame Célestine Ouezzin Coulibaly ;
  • Madame Marguérite Williams ;
  • Madame Monique Bétrou ;
  • Madame Félix Paraiso ;
  • Madame Georgette Mockey ;
  • Madame Ekra ;
  • Mesdames Lamad Camara ;
  • Mesdames Vieyra.

Certaines femmes ont marché « nues » sur le pont de Grand-Bassam pour manifester leur mécontentement.

Cette action des femmes Ivoiriennes même si elle n’a pas permis la libération immédiate des prisonniers a néanmoins émue l’opinion politique Française. Et, l’Assemblée de l’Union Française a adopté par 120 voix contre 34, une motion exigeant le jugement des détenus dans les plus brefs délais.

Finalement, c’est le 7 Août 1960 que la Côte d'Ivoire a obtenu son indépendance.

Félix Houphouët-Boigny est devenu le Président de la République de Côte d'Ivoire après la proclamation de l’indépendance de celle-ci.

 

III - LE PERE DE L'INDEPENDANCE

Le premier Président de la Côte d'Ivoire a été donc Félix Houphouët-Boigny.

Félix Houphouët-Boigny, nommé à sa naissance Houphouët Djaa est né le 18 Octobre 1905 à Yamoussoukro de Ndoli Houphouët et de Kimou N’Dri Kan.

A bas âge, il commence à fréquenter l’Ecole d’un village voisin du sien, nommé « Bonzi ». A dix (10) ans, il part à l’Ecole Primaire Supérieure de Bingerville et est qualifié d’élève brillant. A dix-sept (17) ans, il se rend à Dakar pour des études en Médecine.

Le 26 Octobre 1925, Félix Houphouët-Boigny occupe son premier poste en tant que médecin-auxiliaire à l’Hôpital d’Abidjan. Pour faciliter les échanges entre étudiants Africains, Félix Houphouët-Boigny décide de fonder une « Amicale » regroupant les Médecins Africains.

Cette initiative n’a pas été approuvée par les colons qui décident de le muter au Centre Sanitaire de Guiglo, où les conditions de travail sont difficiles.

A Guiglo, il fait la démonstration de ses compétences professionnelles et il est transféré à Abengourou le 17 septembre 1929 à un poste occupé auparavant par les colons uniquement.

Félix Houphouët-Boigny est de la tribu des Akouè, une branche de l’ethnie Baoulé.

Son père est décédé lorsqu’il avait trois ans et sa mère est décédée dix (ans) après qu’il ait commencé à exercer la médecine.

Félix Houphouët-Boigny a eu deux grandes sœurs et un petit frère qui sont :

  • Fetai ;
  • Adjua Marie-Thérèse ;
  • Dja Augustin.

Sa mère, Dame Kimou N’Dri Kan a eu deux frères et trois sœurs et Félix Houphouët-Boigny a eu six cousins et cousines :

  • Kouassi N’Go II, père de ses cousins Kouassi Yao Simon, Henri Kouassi et de sa cousine Kouassi N’Da ;
  • Kimou M’Bra, mère de son cousin Kouassi N’Go III ;
  • Kimou Yoboué. Il n’a pas eu d’enfant ;
  • Kimou Yaablé, la mère de sa cousine Djénéba cissé ;
  • Kimou Yao Kan ou N’So Kan, la mère de sa cousine N’Diaye Akamoin Thérèse.

La mère de l’arrière grand-mère du Président Félix Houphouët-Boigny, Kokoblé était la femme de Boigny N’Dri et ils eurent cinq enfants dont Kouassi N’Go I, Norgan, Yaoblé, Boigny et Adjua II.

L’arrière grand-mère de Félix Houphouët-Boigny, Adjua II épouse le chef du village de Morofè où elle eu deux filles et deux garçons dont Yaa N’So.

Ensuite, deux  filles naissent d’elle d’un deuxième mariage avec le chef du village d’Affrenou.

De ses quatre  filles, seule la grand-mère de Félix Houphouët-Boigny, Aou Kacou Brou a pu avoir des enfants. Elle en a eu six  avec N’Da Adjo Kimou, le chef du village de Diokro.

Chez les Akouè, la succession se faisant par le système matrilinéaire où les neveux sont les successeurs, la tante de Félix Houphouët-Boigny, Yaa N’So ou la « Reine de Yamousso » qui régnait à la place de ses propres frères qui n’avaient pas la carrure pour le faire n’hésite pas à former son neveu Kouassi N’Go II et son petit neveu Félix Houphouët-Boigny à l’exercice de la chefferie.

Félix Houphouët-Boigny a été ainsi formé par un chef dynamique, exemplaire et courageux. D’ailleurs, pendant son règne, N’Gokro a été rebaptisé par les colons « Yamoussoukro » en son honneur. A sa mort en 1909, son neveu Kouassi N’Go II est désigné chef des Akouè, mais ce dernier est assassiné en 1910. Félix Houphouët-Boigny poursuivait à cette époque ses études.

Le beau-père de Félix Houphouët-Boigny, le second mari de sa mère, Brou Diby est nommé chef intérimaire et il règne pendant douze (12) ans de 1910 à 1932.

En 1932, le petit frère de Félix Houphouët-Boigny, Augustin Dja remplace son beau-père Brou Diby. Il meurt cinq (5) ans après sa désignation. Enfin, Félix Houphouët-Boigny, devient le chef des Akouè. Il interrompt l’exercice de la médecine individuelle sur autorisation du Gouverneur Général de l’Afrique Occidentale Française de Dakar.

Il demeure le chef des Akouè de 1939 à 1944.

Après son élection à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, son cousin germain, Kouassi Yao Simon assure son intérim.

Félix Houphouët-Boigny qui a grandi aux côtés de sa tante, la « reine Yamousso » avait déjà assimilé les rouages de la politique.

Son engagement politique a débuté à Abengourou, lorsqu’il réalise que les planteurs Africains de cacao vivent des injustices flagrantes de la part des propriétaires blancs, il se met, en 1932 à la tête du mouvement regroupant les planteurs d’origine Africaine qui désapprouvent l’attitude des propriétaires blancs.

Pour sa vie familiale, Félix Houphouët-Boigny s'est marié en 1930 à Khady Sow, la mère de ses cinq enfants :

  • Houphouët Félix Junior ;
  • Houphouët Augustin ;
  • Houphouët François ;
  • Houphouët Guillaume ;
  • Houphouët Marie.

Le 7 septembre 1952, il épouse Marie-Thérèse Houphouët-Boigny née Brou.

Ils n’eurent pas d’enfant mais ils restèrent mariés jusqu’au décès de Félix Houphouët-Boigny, en 1993.

De 1932 à 1993, date de son décès, Félix Houphouët-Boigny est resté et restera un acteur important de la vie politique aussi bien Ivoirienne qu’internationale.

 

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