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ERNESTO GUEVARA
DIT LE CHE

Aîné d’une famille de cinq enfants, Ernesto Guevara de la Serna est un argentin né le 14 juin 1928 à Rosario en Argentine d’Ernesto Guevara Lynch, un ingénieur et de Celia de la Serna, la benjamine d’une riche famille.

Le 2 mai 1930, à San Isidro en Argentine, après avoir pris froid sur la plage alors qu’il attendait sa mère qui nageait, Ernesto Guevara pique sa première crise d’asthme, la même nuit.

A trois ans, il apprend le jeu d’échecs auprès de son père, devient bon joueur et participe à des tournois à partir de douze ans.

Sa mère lui enseigne la langue française à six ans et il conserve toute sa vie le goût de la lecture française. 

A l’école communale d’Alta Gracia en Argentine où il est inscrit, Ernesto Guevara se bat régulièrement avec les enfants des riches et préfère la compagnie des pauvres.

Son jeu favori tourne autour des scènes de guerre.

Sujet à de violentes crises d’asthme, il travaille beaucoup pour devenir bon athlète et profite de ses moments de repos maladie pour étudier la poésie, la littérature et apprendre la photographie.

En 1945 à dix-sept ans, il obtient son baccalauréat à Cordoba et décide de faire des études de médecine à Buenos Aires.

A l’université, en dehors de l’instruction, il joue au rugby mais est contraint d’y mettre fin, sur recommandation de son père qui trouve ce jeu dangereux pour un asthmatique.

Le 1er janvier 1950, Ernesto Guevara rajoute un moteur à son vélo et effectue son premier grand voyage dans toute l’Argentine, long de 4.500 Km.

Deux années après, son ami biologiste Alberto Granado lui propose de mettre à exécution leur projet de traverser l’Amérique du Sud à moto ; il donne son accord et le 2 janvier 1952, sur une moto de marque « Norton 300 cm3 » surnommée « la Vigoureuse », Ernesto Guevara et Alberto Granado arrivent au Chili.

Le voyage qui se passe dans des conditions difficiles les oblige à dormir dans des cellules de commissariats. Ils visitent plusieurs sites du Chili et sont attristés par les conditions de vie des mineurs.

A la « Léproserie San Pablo » du Pérou, où ils font la connaissance du Docteur Hugo spécialiste de la lèpre et fondateur du Parti socialiste péruvien, Ernesto Guevara est influencé par les idéaux de ce Docteur qui prône des actions contre l’impérialisme américain et la solidarité envers tous les peuples opprimés du monde.

Ernesto Guevara et Alberto poursuivent leur expédition mais la moto les lâche et ils continuent leur mission en canoë, descendent l’Amazone, atteignent la Colombie et les deux amis se séparent au Venezuela après huit mois de périple.

Ernesto Guevara se rend aux Etats-Unis d’Amérique dans un avion de marchandises et le 31 juillet 1952, il arrive à Buenos Aires en Argentine et est sûr que la seule manière de changer la condition des pauvres est la révolution par les armes.

Le 7 juillet 1953, il repart en train pour la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, le Salvador et le Guatemala. Il participe à la révolution sociale populiste du « Mouvement nationaliste révolutionnaire » (MNR) de Bolivie en 1953 mais, révolté par les inégalités raciales au sein de ce mouvement, il se retire pour se rendre au Guatemala.

Pendant son séjour au Guatemala, il rencontre Hilda Gadea Acosta, une économiste péruvienne de vingt-huit ans, membre de « l’Alliance populaire révolutionnaire américaine » (APRA).

Hilda qui connait de nombreux politiques les présente à Ernesto Guevara notamment Nico Lopez du « Mouvement du 26 juillet ».

Le « Mouvement du 26 juillet » a été créé en mémoire des survivants de l’attaque contre la « Caserne de la Moncada » à Santiago, à Cuba qui a eu lieu le 26 juillet 1953 sous le commandement de Fidel Castro et qui s’est soldée par un échec.

Sans argent, Ernesto Guevara vend les bijoux de son amie Hilda Costa et dans ces moments difficiles et d’oisiveté, il échange régulièrement avec ses amis et prononce sans cesse le mot « Ché » qui signifie « Hé ! » ; « Mon pote !» ou « Mec ! »

Les camarades d’Ernesto Guevara finissent par le surnommer le « Ché ».

Le Ché est séduit par les réformes agraires du Président du Guatemala, Jacobo Arbenz Guzman.

Le  Président du Guatémaltèque a annulé le monopole de la firme américaine nommée « United Fruit Company » (UFCO), la plus grande compagnie bananière implantée au monde et détentrice de la majorité des terres du Guatemala.

L’UFCO est considérée  par beaucoup d’Observateurs comme un Etat dans un Etat car, depuis la fin du XIX siècle car, non seulement cette firme américaine exerce son monopole sur l’exploitation de la banane et du café du Guatemala, mais elle est propriétaire du chemin de fer, du téléphone, du télégraphe, des ports, des bateaux et de beaucoup d’autres infrastructures de ce pays.

Né le 14 septembre 1913 dans la ville de Quezaltenango au Guatemala, Jacobo Arbenz, candidat de plusieurs Partis politiques du centre et de gauche, « Unidad Nacional » ou « Unité nationale » a été élu à une large majorité en 1950.

Président du Guatemala, il décide de faire de son pays une nation moderne, économiquement indépendante et souveraine sur le plan politique.

En juin 1952, Jacobo Arbenz prend le décret 900 qui exproprie  l’UFCO de 40 % de ses terres et  impose la distribution de 2,5 millions d’hectares de terres à 100.000 familles Guatémaltèques en 1953.

Mécontents, les Etats-Unis d’Amérique soupçonnent le Président Guatémaltèque d’être un « Communiste » et poussent le Général Carlos Castillo Armas à faire un coup d’Etat au Guatemala.

Le Général Carlos Castillo Armas  formé à Fort Leavenworth en Kansas aux Etats-Unis d’Amérique et qualifié, par l’écrivain Eduardo Galeano, « De personnage pas cher, obéissant et abruti » accepte.

Le Président Jacobo Arbenz qui se prépare à la riposte des américains passe, le  15 mai 1954,  une commande d’armes de deux tonnes et les fait transiter par la Tchécoslovaquie.

La commande est convoyée par le bateau suédois Alflem et pour discréditer le Président Jacobo Arbenz devant la communauté internationale, la C.I.A, déclare que le Président guatémaltèque a commandé 2.000 tonnes d’armes pour exterminer sa propre population. 

Les hommes du Général Carlos Castillo Armas tentent en vain de stopper ce transbordement.

Le 17 juin 1954, les américains, par une opération baptisée « PB SUCCESS » bombardent, par voie aérienne, la commande d’armes du Président Jacobo Arbenz. 

Ecœuré par une telle injustice, le Ché prend position pour le Président guatémaltèque et décide de combattre à ses côtés. Il intègre un groupe de jeunes communistes qu’il finit par quitter pour leur inactivité.

Le Ché reprend ses études de médecine et réalisant que le coup d’Etat contre le Président Jacobo Arbenz est sur le point de réussir, il se porte à nouveau volontaire.

Le Président du Guatemala refuse de donner des armes à  la jeunesse et se refugie à l’ambassade du Mexique.

Humilié à l’aéroport, le Président Jacobo Arbenz finit par  quitter le Guatemala pour le Mexique et demande à tous ses partisans de quitter également le Guatemala.

Hilda Costa est arrêtée.

La répression du coup d’Etat fait 9.000 morts, de nombreux blessés et des milliers de prisonniers.

Le Ché se cache au Consulat argentin et avec le « sauf-conduit » qui lui est délivré, il refuse un vol gratuit pour l’Argentine, préférant se rendre au Mexique.

Témoin de cette action des américains, le révolutionnaire argentin se radicalise contre leur impérialisme.

Le Général Carlos Castillo Armas devenu Président du Guatemala annule, pour inconstitutionnalité, le décret 900 sur la réforme agraire.

En 1957, le Président Général Carlos Castillo Armas est assassiné.

Début septembre 1957, le Ché arrive à Mexico au Mexique et est convaincu que les Etats-Unis d’Amérique restent  « une puissance impérialiste qui renverse les régimes démocratiquement élus pour préserver ses intérêts » et pour lui, l’arme la plus puissante  pour les avoir est la révolution armée.

A Mexico, le Ché retrouve Nico Lopez et des exilés cubains qu’il avait connus au Guatemala et en juin 1955, Nico Lopez présente le Ché à Raúl Castro, le frère de Fidel Castro.

Le 10 juillet 1955, Raúl Castro présente le Ché à Fidel Castro et toute la nuit, Fidel Castro et le Ché échangent.  Ravi d’avoir trouvé le révolutionnaire qu’il a tant souhaité rencontrer, un révolutionnaire qui déteste les américains autant que lui. Le Ché s’attache à Fidel Castro.

Le Ché rejoint le « Mouvement du 26 juillet » qui combat le Président cubain Fulgencio Batista.

Soutenu par  les Etats-Unis d’Amérique, le Président cubain dirige Cuba avec dictature depuis son coup d’Etat du 10 mars 1952.

Nommé médecin du « Mouvement du 26 juillet », le Ché participe activement aux entraînements militaires et l’instructeur du mouvement, le Colonel Alberto Bayo déclare que le Ché  est sa meilleure recrue.

Hilda Costa détenue en Bolivie est libérée et rejoint le Ché à Mexico.

Le 18 août 1955, à Terpotzotlan, non loin de Mexico, le Ché épouse Hilda Costa, enceinte de leur fille Hilda Beatriz Guevara Gadea qui naît le 15 février 1956.

Le Ché continue de participer à la guérilla cubaine comme médecin et combattant.

La lutte de Fidel Castro aboutit et le 1er janvier 1959, le Président cubain Fulgencio Batista s’enfuit en République dominicaine avec sa famille et quelques fonctionnaires de son régime.

Fidel Castro devient le Président de Cuba.

Après le coup d’Etat, le Ché est accusé d’avoir fait exécuter plus de 550 officiels du régime du Président Fulgencio Batista mais ceux qui connaissent bien le Ché disent de lui qu’il a beaucoup de respect pour ses ennemis et surtout que le Ché disait toujours aux soldats : « …La clémence doit être la plus large possible à l’égard des soldats qui vont combattre pour accomplir (ou du moins ils le croient) leur devoir militaire. Pas de prisonniers lorsqu’il n’y a pas de grandes bases opérationnelles ou de lieux accessibles : les survivants doivent être rendus à la liberté, les blessés soignés par tous les moyens possibles… »

En 1958, dans la province de Las Villas, le Ché fait la connaissance d’Aleida March, citoyenne cubaine, membre du « Mouvement du 26 Juillet ».

Le 2 janvier 1959, le Ché est nommé Commandant et Procureur suprême de la prison de la forteresse de la Cabana par le Président cubain Fidel Castro.

Le 7 février 1959, le Ché est proclamé, « Citoyen cubain de naissance ».

Le Ché divorce d’avec Hilda Gadea le 22 mai 1959 à La Havane à Cuba et épouse Aleida March Torres, le 9 juin 1959 avec laquelle, il aura quatre enfants tous nés à La Havane, Aleida Guevara March née le 17 novembre 1960 ; Camilo Guevara March né le 20 mai 1962 ; Celia Guevara March née le 14 juin 1963 et Ernesto Guevara March né le 24 février 1965.

Le Président Fidel Castro, pour intégrer le Ché à son gouvernement modifie la Constitution et y insère cette disposition : « Un étranger qui s’est particulièrement illustré durant la guérilla et a reçu le grade de commandant peut devenir membre du gouvernement cubain ».

A Cuba, le Ché crée un camp de travail correctif pour rééduquer les responsables des entreprises publiques cubaines coupables de malversations et dans son désir de vouloir changer le comportement des cubains, il passe ses week-ends au travail volontaire, rejette le favoritisme, le luxe et dit : « On commence comme cela avec les petits privilèges, et ensuite on s’habitue et on justifie des privilèges de plus en plus grands ; jusqu’à ce que le dirigeant se transforme en un assisté insensible aux besoins des autres. »

Le 26 Novembre 1959, le Ché qui n’a aucune connaissance en Economie et qui trouve « l’argent inutile et bon à disparaître des rapports humains » est nommé Président de la Banque nationale de Cuba.

Le gouvernement américain prend ombrage de cette nomination et la considère comme une provocation à son égard.

Les américains suspendent les crédits à l’importation accordés à Cuba.

Le Président Fidel Castro quant à lui justifie la promotion du Ché comme un moyen de défendre les intérêts des américains du Sud.

En 1960, un navire transportant des armes à destination du gouvernement cubain explose une première fois et la seconde explosion survient alors que les secouristes tentent de sauver les blessés.

Il y a plus de 100 morts et le gouvernement cubain impute ces attentats à la C.I.A qui, par cet acte, tente de provoquer un soulèvement populaire afin de déstabiliser le Président Fidel Castro.

En mai 1960, le gouvernement américain interdit à ses compagnies basées à Cuba de raffiner le pétrole soviétique.

Or, les soviétiques sont les alliés du régime cubain.

En retour donc, le Ché menace les américains qu’il ne payera plus la dette cubaine et nationalisera les raffineries américaines si ces derniers maintiennent leur décision de boycotter les produits soviétiques de Cuba.

Un mois après sa mise en garde, le Ché met en exécution sa menace.

En réplique, les Etats-Unis d’Amérique annulent les Accords commerciaux qui lient les Etats-Unis d’Amérique à Cuba.

Le gouvernement cubain sous la direction du Ché se tourne vers l’Union Soviétique et négocie de nouveaux Accords commerciaux.

Le 25 janvier 1962, l'Organisation des Etats américains (OEA) exclut Cuba de cette organisation par quatorze voix « Pour » et six voix  « Contre » ; les voix de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Chili, de l'Equateur et du Mexique.

Toutes les relations commerciales, diplomatiques et aériennes sont interrompues entre les Etats-Unis d’Amérique et Cuba.

De l’autre côté, Cuba devient un allié sûr de l'Union soviétique.

Le 7 février 1962, à l'exception des médicaments et des produits alimentaires, les Etats-Unis d’Amérique imposent un embargo commercial, économique et financier à Cuba. Embargo encore en vigueur et constituant le plus long embargo au monde.

Le 23 février 1961, le Ché devient ministre de l’Industrie et transforme l’économie capitaliste agraire de Cuba en économie socialiste industrielle.

Par ailleurs, pour éviter une attaque militaire des  américains, le Ché négocie en 1962 avec Moscou, l’implantation de missiles balistiques nucléaires à Cuba.

En mai 1962, le Président de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev démarre une opération baptisée « Opération Anadyr » et fait convoyer plus de 50.000 soldats, trente-six missiles nucléaires et quatre sous-marins à Cuba.

Sans donner d’explication, le 29 octobre 1962, l'Union soviétique fait retirer ses navires et déclare qu’il retirera toutes les installations militaires leur appartenant.

Des Observateurs expliquent que ce retrait du matériel militaire soviétique a été exécuté pour calmer la tension avec les Etats-Unis d’Amérique.

Après la résolution de la crise baptisée « La crise des missiles de Cuba », le Ché sur un ton de plaisanterie, affirme que Cuba aurait utilisé les missiles s’ils avaient été sous son contrôle.

Le 11 décembre 1964, le Ché, Chef de la délégation cubaine à l’ONU prononce un discours à l’Assemblée générale de l’ONU et critique la politique étrangère américaine.

Le séminaire économique de solidarité afro-asiatique se tient les 22 et 27 février 1965, à Alger en Algérie.

Le 24 février 1964, le Ché tient ce discours, baptisé « Discours d’Alger » : « Il n’y a pas de frontières dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce qui se passe dans n’importe quelle patrie du monde. La victoire de n’importe quel pays de l’impérialisme est notre victoire, tout comme la défaite de quelque pays que ce soit est notre défaite..

Deux  semaines après son départ d’Alger, le Ché disparait de la scène publique et est indigné par la mort du panafricaniste africain Patrice Lumumba dont le corps a été dissout dans de l’acide. Il dit : « La bestialité de l'impérialisme, une bestialité qui ne connaît pas de limites, pas de frontières. La bestialité des armées d'Hitler, est comme la bestialité de l'Amérique du Nord, comme celle des parachutistes belges, comme celle de l'impérialisme Français en Algérie. En effet, il est l'essence même de l'impérialisme de transformer les hommes en animaux sauvages, sanguinaires, décidés à abattre, tuer, assassiner et détruire le dernier vestige de l'image du révolutionnaire ou partisan d'un régime, qu'il écrase sous ses bottes parce que cela lutte pour la liberté. La statue de Lumumba, aujourd'hui détruite mais reconstruite ce matin nous rappelle l'histoire tragique de ce martyr de la révolution mondiale et qu'il faut veiller à ne jamais faire confiance à l'impérialisme en aucune façon. Pas un iota! »

Le Président de l’Algérie, Ahmed Ben Bella, ami du Ché rapporte ce que le Ché lui a confié un jour : « L’Afrique semble avoir un énorme potentiel révolutionnaire mais reste le maillon faible de l’impérialisme et il faut que je lui dédie mes efforts ».

Le Ché se rend donc au Congo le 24 avril 1965 pour apporter son aide au Mouvement « MNC- Lumumba » de Patrice Lumumba.  Pour cette expédition en Afrique, il se déguise en vieil homme et rend visite à sa femme et ses enfants restés à Cuba.

Ses proches ne le reconnaissent pas mais, pour ne pas les exposer, il évite de dévoiler son identité et ne les serre pas contre lui mais  écrit dans une lettre d’adieu adressée à ses enfants en mars 1965 : « Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire ».

Secrètement, sans que sa présence soit connue des rebelles congolais, le Ché arrive au Congo-Kinshasa avec 200 personnes.

Après sept mois de combat, le Ché réalise que les rebelles congolais n’ont pas l’esprit révolutionnaire. La préoccupation de ces combattants congolais  préoccupation est celle de voler les biens de la population déjà pauvre, utiliser le matériel militaire à leur propre profit et, inexpérimentés, ils font plus confiance à la sorcellerie qu’à l’instruction militaire qu’il tente de leur donner.

Le Ché et ses compagnons quittent le Congo et il a le sentiment d’avoir échoué.

Son groupe et lui passent six mois dans la clandestinité à Dar-es-Salam en Tanzanie et à Prague en République Tchèque où il écrit ses mémoires sur le Congo.

Son silence pousse certaines personnes à avancer qu’il est fâché avec le Président de l’Union soviétique Nikita Khrouchtchev qui l’aurait trahi dans « La crise des missiles de Cuba » en retirant les missiles installés à Cuba sans avoir informé au préalable le Président cubain Fidel Castro.

Pour le Ché  les deux blocs « Amérique » et « Soviétique » restent des Etats  impérialistes et, les Etats-Unis d’Amérique exploitent l’Ouest quand l’Union soviétique exploite l’Est.

Une autre source indique que le silence du Ché est dû à l’attitude du Président Fidel Castro qui n’appréciait  plus la popularité du Ché et le considère désormais comme une menace.

Le 3 octobre 1965, pour répondre aux nombreuses interrogations sur l’éloignement du Ché, le Président Fidel Castro dévoile un courrier dans lequel son ami aurait réaffirmé sa solidarité avec la révolution cubaine.

Dans ce courrier, le Président Fidel Castro indique que le Ché démissionne de son poste occupé dans le gouvernement cubain ;  se retire du Parti et de l’armée et  renonce à la citoyenneté cubaine. 

Le Ché désapprouve la publication de son vivant du courrier qu’il a  confié à Fidel Castro ; Courrier qui devrait être  rendu public à sa mort mais pas avant et pour des raisons d’éthiques, il s’interdit de fouler à nouveau le sol cubain.

Désirant reprendre ses activités de combattant, il veut s’en prendre à son pays d’origine, l’Argentine mais le Président Fidel Castro l’en dissuade car, ce pays a une grande capacité militaire.

Le Ché porte son choix sur la Bolivie où le Général Réné Barrientos a instauré un régime dictatorial après avoir chassé le Président Victor Paz Estenssoro élu démocratiquement.

Il part en 1966 en Bolivie avec quelques péruviens et des argentins et baptisent le groupe « Ejercito de Liberation Nacional » (ELN) ou « Armée de Libération Nationale ».

La paysannerie bolivienne, plus tournée vers Moscou que La Havane ne donne pas son adhésion à la formation d’une vraie guérilla.

Sans le savoir, le Ché est localisé en Bolivie par les autorités boliviennes.

Pour certains Observateurs, l’agent secret du KGB, Haydee Tamara Bunke Bider dite Tania, unique femme du groupe aurait privilégié les intérêts soviétiques en mettant les autorités boliviennes sur la piste du Ché.

Pour d’autres, c’est la capture de deux déserteurs de l’ELN qui a mis la puce à l’oreille du gouvernement bolivien.

La Bolivie demande de l’aide aux américains et aux pays voisins pour capturer le Ché.

Le Ché continue de combattre et le 23 mars 1967, l’ELN remporte sa première victoire contre l’armée bolivienne.

Le campement du Ché et des combattants découvert, la C.I.A identifie le Ché en inspectant les documents, vivres et photos trouvés sur un campement abandonné.

Pour mener cette guérilla, le commando du Ché ne dispose que de deux transmetteurs défectueux qui ne leur permettent que de rentrer en contact avec La Havane, pour une mission aussi délicate ; Aspect du combat qui pousse certains Observateurs à conclure que la mission du Ché a été sabotée par les dirigeants cubains. L’armée bolivienne informée de la maladie du Ché, retire les médicaments qui soulagent l’asthme de tous les hôpitaux de la région.

De plus, un informateur indique son campement et le 8 octobre 1967, 1.800 soldats boliviens encerclent le campement du Ché. 

Après trois  heures de combat intenses, le Ché est fait prisonnier avec une blessure aux jambes et le 9 octobre 1967, à l’Ecole de la Higuera de Bolivie, à 13H10, le Président Barrientos donne l’ordre d’exécuter les guérilléros.

Le Ché est exécuté par un agent de la C.I.A.

Le 12 juillet 1997, les restes du Ché retrouvés dans une fosse commune sont rapatriés à Cuba dans une liesse populaire accompagnée d’un hommage militaire.

La mémoire d’Ernesto Guevara dit le Ché repose dans un gigantesque mausolée à Santa Clara, la ville qu’il a libérée de la dictature du Président Fulgencio Batista en 1959.

Le jeudi 20 mars 2008, la femme du Ché, Aleida March âgée de soixante onze (71) ans, qui n’avait jamais accordé d’interviews aux journalistes, présente à la presse, à La Havane, son livre intitulé « Evocación » ou « Evocation » qui relate sa vie avec le Ché entre 1959 et 1965.

Le Ché aimait beaucoup l’Afrique et a effectué de nombreux voyages et lors d’un voyage officiel en Egypte, le Ché avait dit au Président Nasser : « Le moment décisif dans la vie de chaque homme est quand il doit décider d’affronter la mort. S’il la confronte, il sera un héros, qu’il réussisse ou non. Cela peut-être un bien ou un mal politique, mais s’il ne se décide pas à l’affronter, jamais il ne cessera d’être un politicien. »

En effet, les guérilléros qui ont pu s’échapper à temps ont indiqué que le Ché aurait pu en faire autant mais il a préféré combattre jusqu’au bout.

Quarante cinq ans après, le Ché, reste un homme aimé, un mythe, une icône et un symbole de la révolution cubaine et de la lutte contre l’impérialisme américain.

Pour l’embargo de 1962, C’est seulement en mars 2009 que  le Congrès américain, sous la présidence de Barack Obama a autorisé les citoyens d’origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an et  a mis un terme aux restrictions sur les voyages et les transferts d’argent en provenance des Etats-Unis pour Cuba.

Avec le rafraîchissement des relations diplomatiques, en janvier 2011, des résidents américains ont été autorisés à voyager à Cuba et à faire des transferts trimestriels aux citoyens cubains à hauteur de 500 Dollars par trimestre ou 263 mille 891 Francs CFA chaque trois mois.

Ont été exclus néanmoins de ces ouvertures, les dirigeants, les membres de la Fonction publique et l’armée cubaine.

Le 12 mars 1965, le Ché disait : « Notre liberté et sa défense quotidienne ont la couleur du sang et sont gonflées de sacrifices. Notre sacrifice est conscient. C'est le prix de la liberté que nous construisons. Le chemin est long et en partie inconnu. Nous connaissons nos limites. Nous ferons l'homme du XXIe siècle nous-mêmes ».

 

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