ERNESTO GUEVARA DIT LE CHE

Aîné d’une famille de cinq (5) enfants, Ernesto Guevara de la Serna est un argentin né le 14 juin 1928 à Rosario en Argentine d’Ernesto Guevara Lynch, un ingénieur et de Celia de la Serna, la benjamine d’une riche famille.

Le 2 mai 1930, à San Isidro en Argentine, après avoir pris froid sur la plage alors qu’il attendait sa mère qui nageait, Ernesto Guevara pique sa première crise d’asthme dans la nuit.

A trois (3) ans, il apprend le jeu d’échecs auprès de son père, devient bon joueur et participe à des tournois à partir de douze (12) ans.

Sa mère lui enseigne la langue Française à six (6) ans et il conserve toute sa vie le goût de la lecture Française.

A l’école communale d’Alta Gracia en Argentine où il est inscrit, Ernesto Guevara se bat régulièrement avec les enfants des riches et préfère la compagnie des pauvres.

Son jeu favori tourne autour des scènes de guerre.

Sujet à de violentes crises d’asthme, il travaille beaucoup pour devenir bon athlète et profite de ses moments de repos maladie pour étudier la poésie, la littérature et apprendre la photographie.

En 1945 à dix-sept (17) ans, il obtient son baccalauréat à Cordoba et opte pour des études de médecine à Buenos Aires.

A l’université, en dehors de l’instruction, il joue au rugby mais est contraint d’y mettre fin, sur recommandation de son père qui trouve ce jeu dangereux pour un asthmatique.

Le 1er janvier 1950, Ernesto Guevara rajoute un moteur à son vélo et effectue son premier grand voyage dans toute l’Argentine, long de 4.500 Km.

Deux (2) années après, son ami biologiste Alberto Granado lui propose de mettre à exécution leur projet de traverser l’Amérique du Sud à moto ; il donne son accord et le 2 janvier 1952, sur une moto de marque « Norton 300 cm3 » surnommée « la Vigoureuse », Ernesto Guevara et Alberto Granado arrivent au Chili.

Le voyage qui se passe dans des conditions difficiles les oblige à dormir dans des cellules de commissariats. Ils visitent plusieurs sites du Chili et sont attristés par les conditions de vie des mineurs.

A la « Léproserie San Pablo » du Pérou, où ils font la connaissance du Docteur Hugo spécialiste de la lèpre et fondateur du Parti socialiste Péruvien, Ernesto Guevara est influencé par les idéaux de ce Docteur qui prône des actions contre l’impérialisme Américain et la solidarité envers tous les peuples opprimés du monde.

Ernesto Guevara et Alberto poursuivent leur expédition mais la moto les lâche et ils continuent leur mission en canoë, descendent l’Amazone, atteignent la Colombie et les deux (2) amis se séparent au Venezuela après huit (8) mois de périple.

Ernesto Guevara se rend aux Etats-Unis d’Amérique dans un avion de marchandises et le 31 juillet 1952, il arrive à Buenos Aires en Argentine et est convaincu que la seule manière de changer la condition des pauvres et des opprimés, est la révolution par les armes.

Le 7 juillet 1953, il repart en train pour la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, le Salvador et le Guatemala. Il participe à la révolution sociale populiste du « Mouvement nationaliste révolutionnaire » (MNR) de Bolivie en 1953 mais, révolté par les inégalités raciales au sein de ce mouvement, il se retire pour se rendre au Guatemala.

Pendant son séjour au Guatemala, il rencontre Hilda Gadea Acosta, économiste Péruvienne de vingt-huit (28) ans, membre de « l’Alliance populaire révolutionnaire Américaine » (APRA) qui connait de nombreux politiques. Elle présente donc Ernesto Guevara à ses personnalités, notamment à Nico Lopez du « Mouvement du 26 juillet ».

Le « Mouvement du 26 juillet » a été créé en mémoire des survivants de l’attaque contre la « Caserne de la Moncada » à Santiago, à Cuba qui a eu lieu le 26 juillet 1953 sous le commandement de Fidel Castro et qui s’est soldée par un échec.

Sans argent, Ernesto Guevara vend les bijoux de son amie Hilda Costa et dans ces moments difficiles et d’oisiveté, il échange beaucoup avec ses amis et prononce régulièrement, l’interjection argentine « Ché » qui signifie « Héh! » ; « Mon pote !» ; « Hep » ; « Salut » ; « Dis donc ! » ; « Mec ! »

Lassés d’entendre « Ché », ses camarades le surnomment « Ché ».

Le Ché est séduit par les réformes agraires du Président du Guatemala, Jacobo Arbenz Guzman qui a annulé le monopole de la firme Américaine « United Fruit Company » (UFCO), la plus grande compagnie bananière implantée au monde et détentrice de la majorité des terres du Guatemala.

L’UFCO est considéré par beaucoup d’Observateurs comme un Etat dans un Etat car, depuis la fin du XIX siècle, non seulement cette firme Américaine exerce son monopole sur l’exploitation de la banane et du café du Guatemala, mais elle est propriétaire du chemin de fer, du téléphone, du télégraphe, des ports, des bateaux et de beaucoup d’autres infrastructures de ce pays.

Né le 14 septembre 1913 dans la ville de Quezaltenango au Guatemala, Jacobo Arbenz, candidat d’un agrégat de Partis du centre et de gauche, « Unidad Nacional » a été élu à une large majorité en 1950.

Président du Guatemala, il souhaite faire de son pays une nation moderne, économiquement indépendante et souveraine sur le plan politique.

En juin 1952, Jacobo Arbenz prend le décret 900 pour exproprier l’UFCO de 40 % de ses terres et avec ce même décret, il distribue, en 1953 à 100.000 familles Guatémaltèques 2,5 millions d’hectares de terres expropriées à l’UFCO.

Fâchés, les Etats-Unis d’Amérique accusent le Président Guatémaltèque d’être un « Communiste » et aident le Général Carlos Castillo Armas à faire un coup d’Etat au Guatemala.

Le Général Carlos Castillo Armas qui est né le 14 novembre 1914, a été formé à Fort Leavenworth en Kansas aux Etats-Unis d’Amérique et est qualifié, par l’écrivain Eduardo Galeano, « De personnage pas cher, obéissant et abruti».

Le 15 mai 1954, le Président Jacobo Arbenz passe une commande d’armes de deux (2) tonnes et les fait transiter par la Tchécoslovaquie.

La commande est convoyée par le bateau Suédois Alflem et pour discréditer le Président Jacobo Arbenz et obtenir le soutien de la communauté internationale, la C.I.A, déclare que le Président guatémaltèque a commandé 2.000 tonnes d’armes pour exterminer sa propre population.

Les hommes du Général Carlos Castillo Armas tentent en vain de stopper ce transbordement.

Le 17 juin 1954, les Américains, par une opération baptisée « PB SUCCESS » bombardent, par voie aérienne, la commande d’armes du Président Jacobo Arbenz.

Ecœuré par une telle injustice, le Ché prend position pour le Président guatémaltèque et décide de combattre à ses côtés. Il intègre un groupe de jeunes communistes qu’il finit par quitter pour leur inactivité.

Le Ché reprend ses études de médecine et réalisant que le coup d’Etat contre le Président Jacobo Arbenz est sur le point de réussir, il se porte à nouveau volontaire.

Le Président du Guatemala refuse d’armer la jeunesse et se réfugie à l’ambassade du Mexique et, humilié à l’aéroport, il quitte le Guatemala pour le Mexique. Il demande à tous ses partisans de quitter également le Guatemala mais Hilda Costa est arrêtée.

La répression du coup d’Etat fait 9.000 morts, de nombreux blessés et des milliers de prisonniers.

Le Ché se réfugie au Consulat Argentin et avec le sauf-conduit qui lui est délivré, il refuse un vol gratuit pour l’Argentine, préférant se rendre au Mexique.

Témoin de l’injustice infligée au Président Guatémaltèque par les Américains, le révolutionnaire Argentin se radicalise contre l’impérialisme des Etats occidentaux.

Le Général Carlos Castillo Armas devenu Président du Guatemala annule, le décret 900 relative à la réforme agraire de l’ex-Président, pour inconstitutionnalité.

En 1957, le nouveau Président, le Général Carlos Castillo Armas est abattu froidement par balle dans le palais présidentiel par un militant de gauche.

Début septembre 1957, le Ché arrive à Mexico au Mexique et est convaincu que les Etats-Unis d’Amérique sont « une puissance impérialiste qui renverse les régimes démocratiquement élus pour préserver ses intérêts » et pour lui, l’arme puissante a employer contre eux est la « révolution armée ».

A Mexico, le Ché retrouve Nico Lopez et des exilés Cubains qu’il avait connus au Guatemala et en juin 1955, Nico Lopez présente le Ché à Raúl Castro, le frère du révolutionnaire Cubain, Fidel Castro.

Le 10 juillet 1955, Raúl Castro présente le Ché à Fidel Castro et toute la nuit, Fidel Castro et le Ché échangent.

Ravi d’avoir trouvé le révolutionnaire qu’il a tant souhaité rencontrer, un révolutionnaire qui déteste les Américains  qui ne sont que des impérialistes qui oppriment les peuples selon le Ché.

Le Ché s’attache à Fidel Castro et rejoint le « Mouvement du 26 juillet » qui combat le Président Cubain Fulgencio Batista, né le 16 février 1901, soutenu par les Américains et qui dirige le Cuba avec violence et impose un régime dictatorial à sa population depuis son coup d’Etat du 10 mars 1952.

Nommé médecin du « Mouvement du 26 juillet », le Ché participe activement aux entraînements militaires et l’instructeur du mouvement, le Colonel Alberto Bayo déclare partout que le Ché est « sa meilleure recrue ».

Hilda Costa détenue en Bolivie est libérée et rejoint le Ché à Mexico.

Le 18 août 1955, à Terpotzotlan, non loin de Mexico, le Ché épouse Hilda Costa, enceinte de leur fille Hilda Beatriz Guevara Gadea qui naît le 15 février 1956.

Le Ché continue de participer à la guérilla Cubaine comme médecin et combattant.

Le 1er janvier 1959, le Président du Cuba Fulgencio Batista prend la fuite avec sa famille et quelques fonctionnaires pour la République Dominicaine.

Fidel Castro devient le nouveau Président de Cuba.

Après le coup d’Etat, le Ché est accusé d’avoir fait exécuter plus de 550 officiels du régime du Président Fulgencio Batista mais ceux qui connaissent bien le Ché disent de lui qu’il a beaucoup de respect pour ses ennemis et que le Ché disait toujours aux soldats : « …La clémence doit être la plus large possible à l’égard des soldats qui vont combattre pour accomplir (ou du moins ils le croient) leur devoir militaire. Pas de prisonniers lorsqu’il n’y a pas de grandes bases opérationnelles ou de lieux peu accessibles : les survivants doivent être rendus à la liberté, les blessés soignés par tous les moyens possibles… »

En 1958, dans la province de Las Villas, le Ché fait la connaissance d’Aleida March, citoyenne Cubaine, membre du « Mouvement du 26 Juillet ».

Le 2 janvier 1959, Fidel Castro nomme le Ché Commandant et Procureur suprême de la prison de la forteresse de la Cabana et le 7 février de la même année, le Ché est proclamé, « Citoyen Cubain de naissance ».

Le Ché divorce d’avec Hilda Gadea le 22 mai 1959 à La Havane à Cuba et épouse Aleida March Torres, le 9 juin 1959 avec laquelle, il aura quatre (4) enfants tous nés à La Havane, Aleida Guevara March née le 17 novembre 1960 ; Camilo Guevara March né le 20 mai 1962 ; Celia Guevara March née le 14 juin 1963 et Ernesto Guevara March né le 24 février 1965.

Le Président Fidel Castro, pour intégrer le Ché à son gouvernement modifie la Constitution et y insère cette disposition : « Un étranger qui s’est particulièrement illustré durant la guérilla et a reçu le grade de commandant peut devenir membre du gouvernement Cubain.»

A Cuba, le Ché crée un camp de travail correctif pour rééduquer les responsables des entreprises publiques Cubaines coupables de malversations et dans son désir de vouloir changer le comportement des Cubains, il passe ses week-ends au travail volontaire, rejette le favoritisme, le luxe et dit : « On commence comme cela avec les petits privilèges, et ensuite on s’habitue et on justifie des privilèges de plus en plus grands ; jusqu’à ce que le dirigeant se transforme en un assisté insensible aux besoins des autres. »

Le 26 Novembre 1959, le Ché qui n’a aucune connaissance en Economie et qui trouve « l’argent inutile et bon à disparaître des rapports humains », est nommé Président de la Banque nationale de Cuba.

Le gouvernement Américain prend ombrage de cette nomination et la considère comme une provocation à son égard.

Les Américains suspendent les crédits à l’importation accordés à Cuba alors que le Président Fidel Castro justifie la promotion du Ché comme un moyen de défendre les intérêts des Américains du Sud.

En 1960, un navire transportant des armes à destination du gouvernement Cubain explose une première fois et une seconde explosion survient alors que les secouristes tentent de sauver les blessés. Il est dénombré plus de 100 morts et le gouvernement Cubain impute ces attentats à la C.I.A qui, par cet acte, tente de provoquer un soulèvement populaire afin de déstabiliser le Président Fidel Castro.

En mai 1960, le gouvernement Américain interdit à ses compagnies basées à Cuba de raffiner le pétrole soviétique.

En retour, le Ché menace les Américains qu’il ne payera plus la dette Cubaine et nationalisera les raffineries Américaines si ces derniers maintiennent leur décision de boycotter les produits Soviétiques.

Un mois après sa mise en garde, le Ché met en exécution sa menace.

En réplique, les Etats-Unis d’Amérique annulent les Accords commerciaux qui lient les Etats-Unis d’Amérique à Cuba.

Le gouvernement Cubain sous la direction du Ché se tourne vers l’Union Soviétique et négocie de nouveaux Accords commerciaux.

Le 25 janvier 1962, l’Organisation des Etats Américains (OEA) exclut Cuba de cette organisation par quatorze (14) voix « Pour » et six (6) « Contre » c’est-à-dire celles de l’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Chili, de l’Equateur et du Mexique.

Toutes les relations commerciales, diplomatiques et aériennes sont interrompues entre les Etats-Unis d’Amérique et Cuba.

De l’autre côté, Cuba devient un allié sûr de l’Union soviétique.

Le 7 février 1962, à l’exception des médicaments et des produits alimentaires, les Etats-Unis d’Amérique imposent un embargo commercial, économique et financier à Cuba. Embargo encore en vigueur et constituant le plus long embargo au monde mais embargo Américain a permis aux Cubains de se développer sans aide extérieure, surtout dans le domaine médical.

Le 23 février 1961, le Ché devient ministre de l’Industrie et transforme l’économie capitaliste agraire de Cuba en économie socialiste industrielle.

Par ailleurs, pour éviter une attaque des Américains, il négocie, en 1962, avec Moscou, l’implantation de missiles balistiques nucléaires à Cuba et en mai 1962, le Président de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev démarre « l’Opération Anadyr » et convoie plus de 50.000 soldats, trente-six (36) missiles nucléaires et quatre (4) sous-marins à Cuba.

Sans donner d’explication, le 29 octobre 1962, l’Union soviétique fait retirer ses navires et déclare qu’il retirera toutes les installations militaires leur appartenant.

Des Observateurs expliquent que ce retrait a été effectué pour calmer la tension avec les Etats-Unis d’Amérique.

Après la résolution de cette crise baptisée « La crise des missiles de Cuba », le Ché sur un ton de plaisanterie, affirme que Cuba aurait utilisé les missiles s’ils avaient été sous son contrôle.

Le 11 décembre 1964, le Ché, Chef de la délégation Cubaine à l’ONU prononce un discours à l’Assemblée générale de l’ONU et critique la politique étrangère Américaine.

Le Séminaire économique de solidarité afro-asiatique se tient les 22 et 27 février 1965, à Alger en Algérie et le 24 février 1964, le Ché présent à ce Séminaire tient un discours, baptisé « Discours d’Alger ». Un extrait du discours : « Il n’y a pas de frontières dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce qui se passe dans n’importe quelle patrie du monde. La victoire de n’importe quel pays de l’impérialisme est notre victoire, tout comme la défaite de quelque pays que ce soit est notre défaite.» (Lire l’intégralité du discours en fin de page).

Deux (2) semaines après son départ d’Alger, le Ché disparait de la scène publique Cubaine et, indigné par la mort du panafricaniste africain Patrice Lumumba dont le corps est dissout dans de l’acide, il dit : « La bestialité de l’impérialisme, une bestialité qui ne connaît pas de limites, pas de frontières. La bestialité des armées d’Hitler, est comme la bestialité de l’Amérique du Nord, comme celle des parachutistes belges, comme celle de l’impérialisme Français en Algérie. En effet, il est l’essence même de l’impérialisme de transformer les hommes en animaux sauvages, sanguinaires, décidés à abattre, tuer, assassiner et détruire le dernier vestige de l’image du révolutionnaire ou partisan d’un régime, qu’il écrase sous ses bottes parce que cela lutte pour la liberté. La statue de Lumumba, aujourd’hui détruite mais reconstruite ce matin nous rappelle l’histoire tragique de ce martyr de la révolution mondiale et qu’il faut veiller à ne jamais faire confiance à l’impérialisme en aucune façon. Pas un iota! »

Le Ché décide le 24 avril 1965, d’apporter son aide au Mouvement « MNC- Lumumba » au Congo. Le Président de l’Algérie, Ahmed Ben, ami du Ché rapporte ce qu’il lui a confié un jour : « L’Afrique semble avoir un énorme potentiel révolutionnaire mais reste le maillon faible de l’impérialisme et il faut que je lui dédie mes efforts ».

Avant cette expédition en Afrique, il se déguise en vieil homme, rend visite à sa femme et ses enfants restés à Cuba mais ses proches ne le reconnaissent pas et, pour ne pas les exposer, il évite de dévoiler son identité et ne les serre pas contre lui.

De même, secrètement, sans que sa présence soit connue des rebelles Congolais, le Ché arrive au Congo-Kinshasa avec 200 personnes.

Après sept (7) mois de combat, le Ché réalise que les rebelles Congolais n’ont pas l’esprit révolutionnaire parce qu’intéressés à piller leur population déjà pauvre, utiliser le matériel à leur propre profit et, inexpérimentés, font plus confiance à la sorcellerie qu’à l’instruction militaire qu’il tente de leur donner.

Le Ché et ses compagnons quittent le Congo et il a le sentiment d’avoir échoué.

Son groupe et lui passent six (6) mois dans la clandestinité à Dar-es-Salam en Tanzanie et à Prague en République Tchèque où il écrit ses mémoires sur le Congo.

Son silence poussent certaines personnes à avancer qu’il se serait fâché avec le Président de l’Union soviétique Nikita Khrouchtchev qui l’aurait trahi dans « La crise des missiles de Cuba » en retirant les missiles installés à Cuba sans avoir informé au préalable le Président Cubain Fidel Castro.

Pour le Ché donc, les deux (2) blocs « Amérique » et « Soviétique » restent des impérialistes : Les Etats-Unis d’Amérique exploitent l’Ouest quand l’Union soviétique exploite l’Est.

Une autre source indique que le silence du Ché est dû à l’attitude du Président Fidel Castro qui n’apprécierait plus la popularité du Ché et le considérait désormais comme une menace.

Le 3 octobre 1965, pour répondre aux nombreuses interrogations sur l’éloignement du Ché, le Président Fidel Castro dévoile un courrier dans lequel son ami aurait réaffirmé sa solidarité avec la révolution Cubaine mais aurait démissionné de son poste au sein du gouvernement Cubain et se serait retiré également du Parti politique du Président Fidel Castro et de l’armée Cubaine.

Dans le même courrier, il aurait renoncé à la citoyenneté Cubaine.

Du côté du Ché, la publication de son vivant du courrier qu’il aurait confié à Fidel Castro, l’aurait déplu car, suivant leur accord, le Président Fidel Castro aurait dû le rendre public après sa mort mais pas avant et pour des raisons d’éthiques donc, il s’interdit de fouler à nouveau le sol Cubain.

Désirant reprendre ses activités de combattant, il porte son choix sur son pays d’origine, l’Argentine mais le Président Fidel Castro l’en dissuade du fait de la grande capacité militaire de cet Etat.

Le Ché choisit la Bolivie où le Général Réné Barrientos a opté pour un régime dictatorial après avoir chassé le Président Victor Paz Estenssoro élu démocratiquement.

Il part de ce fait en 1966 en Bolivie avec quelques Péruviens et des argentins et baptisent son groupe « Ejercito de Liberation Nacional » (ELN) ou « Armée de Libération Nationale ».

La paysannerie Bolivienne, plus tournée vers Moscou que La Havane ne donne pas son adhésion à la formation d’une vraie guérilla et sans le savoir, le Ché est localisé en Bolivie par les autorités Boliviennes.

Pour certains Observateurs, l’agent secret du KGB, Haydee Tamara Bunke Bider dite Tania, unique femme du groupe aurait privilégié les intérêts Soviétiques en mettant les autorités Boliviennes sur la piste du Ché.

Pour d’autres, c’est la capture de deux (2) déserteurs de l’ELN qui a mis la puce à l’oreille du gouvernement Bolivien.

La Bolivie demande de l’aide aux Américains et aux pays voisins pour capturer le Ché.

Le Ché continue de combattre et le 23 mars 1967, l’ELN remporte sa première victoire contre l’armée Bolivienne.

Le campement du Ché et des combattants découvert, la C.I.A identifie le Ché en inspectant les documents, vivres et photos trouvés sur un campement abandonné.

Pour mener cette guérilla, le commando du Ché ne disposait que de deux (2) transmetteurs défectueux qui ne leur permettent que de rentrer en contact avec La Havane, pour une mission aussi délicate ; Aspect du combat qui pousse certaines personnes avisées à conclure que la mission du Ché a été sabotée par les dirigeants Cubains.

L’armée Bolivienne informée de la maladie du Ché, retire de tous les hôpitaux de la région et des pharmacies, les médicaments qui soulagent l’asthme.

De plus, un informateur indique son campement et le 8 octobre 1967, 1.800 soldats Boliviens encerclent son campement.

Après trois (3) heures de combat intenses, le Ché est fait prisonnier avec une blessure aux jambes et le 9 octobre 1967, à l’Ecole de la Higuera de Bolivie, à 13H10, le Président Barrientos donne l’ordre d’exécuter les guérilléros.

Le Ché est exécuté par un agent de la C.I.A.

Le 12 juillet 1997, les restes du Ché retrouvés dans une fosse commune sont rapatriés à Cuba dans une liesse populaire accompagnée d’un hommage militaire.

La mémoire d’Ernesto Guevara dit le Ché repose dans un gigantesque mausolée à Santa Clara, la ville qu’il a libérée de la dictature du Président Fulgencio Batista en 1959.

Le jeudi 20 mars 2008, la femme du Ché, Aleida March âgée de soixante onze (71) ans, qui n’avait jamais accordé d’interviews aux journalistes, présente à la presse, à La Havane, son livre intitulé « Evocación » ou « Evocation » qui relate sa vie avec le Ché entre 1959 et 1965.

Le Ché aimait beaucoup l’Afrique et a effectué de nombreux voyages et lors d’un voyage officiel en Egypte, le Ché avait dit au Président Nasser : « Le moment décisif dans la vie de chaque homme est quand il doit décider d’affronter la mort. S’il la confronte, il sera un héros, qu’il réussisse ou non. Cela peut-être un bien ou un mal politique, mais s’il ne se décide pas à l’affronter, jamais il ne cessera d’être un politicien. »

En effet, les guérilléros qui ont pu s’échapper à temps ont indiqué que le Ché aurait pu en faire autant mais il a préféré combattre jusqu’au bout.

En mars 2009, le Congrès Américain autorise ses citoyens d’origine Cubaine à se rendre à Cuba une fois par an et met un terme aux restrictions sur les voyages et les transferts d’argent venant des Etats-Unis pour Cuba.

Avec le rafraîchissement des relations diplomatiques, en janvier 2011, des résidents Américains sont autorisés à voyager à Cuba et à faire des transferts trimestriels aux personnes de nationalité Cubaine à hauteur de 500 Dollars par trimestre ou 263.891 Francs CFA chaque trois (3) mois.

Sont exclus de ces ouvertures, les dirigeants, les membres de la Fonction publique et l’armée Cubaine.

Quarante cinq (45) ans après sa mort, le Ché, reste un homme aimé, un mythe, une icône et un symbole de la révolution cubaine et de la lutte contre l’impérialisme.

Aujourd’hui encore, le Ché est qualifié de défenseur des opprimés du monde et il avait dit : «Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire »